Point de situation · Ormuz et les prix

Trump rejette le plan iranien pour Ormuz : ce que ça change pour le pétrole, le gazole, le fioul et le gaz

Version archivée au 2 octobre 2026. La version actuelle avec les derniers chiffres se trouve sur Ormuz : le plan iranien rejeté, quel effet sur les prix ?.

Pétrolier dans le détroit d'Ormuz, carte du passage entre l'Iran et Oman

Le 25 septembre 2026, à l'Assemblée générale de l'ONU, l'Iran a mis sur la table une feuille de route en sept jours : Washington débloque les avoirs iraniens gelés, lève les sanctions pétrolières et met fin au blocus des ports iraniens, et au septième jour l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz et les négociations finales commencent (Al Jazeera). Donald Trump l'a rejetée le 26 septembre (CBS News). Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu que l'Iran ne reculerait pas sur ses conditions et attendait la réponse définitive des États-Unis par les médiateurs (Al Jazeera, CBS News). Le 30 septembre, la réponse formelle des États-Unis est arrivée à Téhéran via le Qatar : les deux camps s'accordent largement sur les étapes nécessaires mais restent divisés sur leur ordre, c'est-à-dire sur qui bouge le premier (Gulf News). Trump avait déclaré à Axios le 28 septembre : « They want to make a deal, but it is not the deal that I want to make » (CBS News). Le marché a digéré le refus sans bondir : le Brent a clôturé à 105,28 $ le 28 septembre, perdu 2,6 % à 102,59 $ le 29 avec la reprise des exportations saoudiennes par Yanbu, et le contrat de novembre a expiré le 30 à 103,53 $ ; le contrat de décembre, référence depuis le 1er octobre, cotait 96,93 $ ce matin (Reuters via The Nation, Bloomberg via Rigzone, HeizOel24). Cette page fait le point sur ce qui passe aujourd'hui par le détroit, rappelle ce qu'ont fait les prix après l'échec de juillet et déroule trois scénarios pour le brut, le gazole, le fioul et le gaz, sans objectif de prix.

1. Ce que l'Iran a proposé, et pourquoi Washington refuse

L'offre est venue en deux temps. Le 22 septembre, un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran pourrait rouvrir le détroit sous sept jours si les États-Unis relâchaient la pression militaire et levaient le blocus (Israel Hayom d'après Reuters). Le 25 septembre, Abbas Araghchi a présenté la version détaillée à l'Assemblée générale de l'ONU : déblocage des avoirs iraniens gelés, fin des sanctions pétrolières, fin du blocus naval ; des étapes réalisables selon lui en quatre à cinq jours, le détroit rouvrant et les négociations finales démarrant au septième jour (Al Jazeera). D'après CBS News, le paquet comprenait aussi un cessez-le-feu sur tous les fronts de la région, Liban compris, avec le Qatar, Oman et l'ONU comme intermédiaires.

Donald Trump a opposé un refus le 26 septembre devant la presse : « I'm rejecting their deal », l'Iran ne chercherait un accord que parce qu'il perd lourdement (CBS News). Selon lui, les États-Unis contrôlent le détroit (Times of Israel). Le Wall Street Journal rapporte que le président a confié à ses conseillers s'attendre à reprendre les bombardements après les élections de mi-mandat de novembre (cité par Times of Israel). Réponse d'Araghchi le 27 septembre : l'Iran ne reculera pas sur ses conditions, seule une solution négociée peut débloquer la situation, et Téhéran attend que les médiateurs transmettent la position définitive de Washington (Al Jazeera, CBS News).

Au 1er octobre : la réponse est là, l'accord non. Araghchi a rencontré les médiateurs qataris à New York le 28 septembre et attendait la réponse formelle des États-Unis pour mardi (Al Jazeera). Trump a déclaré à Axios le même jour : « They want to make a deal, but it is not the deal that I want to make », et a nié toute concession : « I offered them NOTHING! » ; un responsable américain a qualifié les discussions indirectes de « positives et constructives », tout en excluant un accord sans règlement du dossier nucléaire (CBS News). La réponse est arrivée le 30 septembre via le Qatar : selon Gulf News, les deux camps s'accordent largement sur les étapes nécessaires mais restent divisés sur leur ordre, autrement dit sur qui bouge le premier. Les exigences iraniennes demeurent : fin du blocus naval, suspension de sanctions, déblocage d'environ 12 milliards de dollars d'avoirs gelés, cessez-le-feu régional incluant le Liban ; Washington veut un paquet global couvrant le programme nucléaire (Al Jazeera). Araghchi : « We are fully prepared for the time for the war to be resumed » (Al Jazeera).

L'offre en sept jours a donc échoué, mais le canal est ouvert et l'écart plus étroit qu'il y a une semaine. Les deux capitales lisent la situation à l'opposé : Washington voit un Iran sous pression qui n'a rien à obtenir, Téhéran estime que la balle est dans le camp américain. L'histoire récente invite à la prudence dans les deux sens : après l'échec des pourparlers d'Islamabad, les États-Unis ont imposé leur blocus en avril, un mémorandum a pourtant vu le jour en juin, puis le cessez-le-feu s'est effondré le 8 juillet (Wikipedia, 2026 Strait of Hormuz campaign).

2. Ce qui passe réellement par Ormuz aujourd'hui

Le détroit n'est pas fermé, mais c'est un goulet sous contrôle américain : environ 10 millions de barils par jour le franchissent (Chris Wright, secrétaire américain à l'Énergie, 13 septembre), l'Iran lui-même n'exporte pas un baril, et les chenaux principaux ont été déminés (amiral Brad Cooper, CENTCOM, message vidéo du 20 septembre 2026, Business Standard d'après Bloomberg). Avant la guerre, environ 125 grands navires de commerce y passaient chaque jour (Israel Hayom), soit près d'un cinquième du commerce mondial de pétrole et de GNL (EnergyNow). L'écart, c'est ce que le marché compense depuis mars par le déstockage, les pipelines et les exportations américaines.

Les routes de contournement sont elles-mêmes visées. Le pipeline saoudien Est-Ouest, qui avec le contournement émirati acheminait environ 5 millions de barils par jour hors d'Ormuz au deuxième trimestre (Fortune/McKinsey, 17 septembre), a été mis hors service par des drones à la mi-septembre et tourne depuis à faible régime ; retrouver les 4 millions de barils par jour d'avant prendra six à huit semaines (OilPrice.com, 22 septembre). Le 24 septembre, l'Arabie saoudite a intercepté six missiles balistiques houthis visant la province de Taïf et la zone de Yanbu, le terminal de ce pipeline sur la mer Rouge ; le Brent a pris 3,4 % ce jour-là (Reuters via Investing.com). Le 26, des drones ont visé Riyad et un missile Khamis Mushait, tous interceptés (Times of Israel). L'EIA, dans ses perspectives du 9 septembre, retient des contraintes jusqu'au deuxième trimestre 2027 (EIA STEO). Notre lexique explique pourquoi le détroit d'Ormuz pèse autant.

3. Trois scénarios après le refus

Scénario 1, l'impasse : le refus tient, les médiateurs poursuivent, le détroit reste un goulet sous contrôle américain. C'est l'état des lieux au 1er octobre, désormais avec une réponse américaine sur la table. La semaine qui a suivi le refus a montré à quoi ressemble ce scénario : le Brent a bondi de plus de quatre dollars en début de séance le 28 septembre et n'a clôturé qu'environ 1 % plus haut, à 105,28 $, le Qatar annonçant des discussions séparées (investingLive) ; le 29, il a perdu 2,6 % à 102,59 $ avec la reprise des exportations saoudiennes par Yanbu (Reuters via The Nation) ; le 30, le contrat de novembre arrivant à échéance a clôturé à 103,53 $ et celui de décembre à 98,03 $ (Bloomberg via Rigzone). L'offre pousse à la baisse, la diplomatie maintient la prime ; le Brent reste bien au-dessus de l'été mais loin du plus haut mensuel proche de 110 $. Pour le fioul, cela veut dire un prix élevé sans direction nette : 1 847 € les 1 000 litres en moyenne nationale le 30 septembre (prixfioul.fr), 167,85 € les 100 litres en Allemagne le 1er octobre (HeizOel24).

Scénario 2, un accord malgré tout : le brut réagit en premier et le plus fort. Quand des informations sur un accord ont circulé le 12 juin, le Brent a perdu 3,37 % en une séance, à 87,33 $ (Yahoo Finance) ; Goldman Sachs chiffrait alors une normalisation avancée d'un mois à environ 10 $ le baril pour fin 2026 (Yahoo Finance, 21 juin). Le gazole et le fioul suivraient plus lentement, car les stocks américains de distillats sont au plus bas de septembre depuis 1982 (EnergyNow) et la Russie interdit ses exportations de diesel jusqu'à fin octobre (Hydrocarbon Processing). Le gaz suivrait le pétrole, puisqu'une réouverture ramènerait le GNL qatari.

Scénario 3, l'escalade : attaques contre des navires, des pipelines ou des ports, ou reprise des frappes aériennes. Le marché connaît le scénario depuis l'été : après la rupture du cessez-le-feu le 8 juillet, le Brent est passé de 71,57 $ le 1er juillet à 96,78 $ le 24 juillet ; le plus haut de l'année remonte au 31 mars, à 118,35 $ (Wikipedia). Cette fois, c'est plutôt le gazole que le brut qui mènerait la hausse : les stocks sont vides et, le 26 septembre, des drones ukrainiens ont mis à l'arrêt la raffinerie d'Ilski, dans la région de Krasnodar, qui produit près de 6,6 millions de tonnes de carburant par an (Kyiv Independent). L'issue se joue entre Washington, Téhéran et les médiateurs, pas à la Bourse ; notre page Prix du pétrole aujourd'hui tient le relevé quotidien.

4. Ce que tu dois faire maintenant, et ce qu'il faut éviter

Ne pas acheter ni vendre sur un titre de presse, mais prendre acte du changement : la seule nouvelle capable de faire baisser le fioul à court terme, un accord sur Ormuz, n'a pas disparu depuis le non de Trump du 26 septembre, mais il n'a pas de date : la réponse américaine du 30 septembre règle les étapes, pas leur ordre (Gulf News). Si ta cuve est sous le tiers, commande ; le fioul suit le brut avec quelques jours de retard, et les fournisseurs répercutent les baisses moins vite que les hausses (voir l'effet pass-through). Au-dessus des deux tiers, tu peux attendre, mais tu n'attends plus une échéance, seulement des discussions sans date. La règle complète est sur Fioul : acheter maintenant ou attendre ?, et la question de la semaine sur Le fioul va-t-il baisser ?.

Pour les automobilistes, le gazole restera cher plus longtemps que le brut quoi qu'il arrive, pour les raisons détaillées dans notre page sur la pénurie de gazole de l'hiver 2026-2027 ; en France, l'aide de 100 € pour les gros rouleurs est décrite sur Aide carburant de 100 €. Pour les clients gaz, tout dépend d'une détente avant l'hiver : les stockages allemands étaient à 56,8 % le 22 septembre, la France à 80,3 % (AGSI), détails sur Stockage de gaz et hiver 2026-2027.

Ce qu'un Brent à 90, 100 ou 120 dollars signifie pour ton foyer, tu le calcules en une minute.

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5. Questions fréquentes sur Ormuz et les prix

Le détroit d'Ormuz va-t-il rouvrir ?
Pas pour l'instant. L'Iran a présenté le 25 septembre 2026 une feuille de route en sept jours : déblocage des avoirs gelés, levée des sanctions pétrolières et du blocus, puis réouverture du détroit. Donald Trump l'a rejetée le 26 septembre. Le 30 septembre, la réponse formelle des États-Unis est arrivée à Téhéran via le Qatar : accord sur les étapes, désaccord sur l'ordre (Gulf News). Les discussions continuent, sans date de réouverture (point au 1er octobre).
Le détroit d'Ormuz est-il fermé ?
Pas entièrement. Environ 10 millions de barils par jour le franchissent sous contrôle américain ; l'Iran n'exporte rien (CENTCOM, 20 septembre 2026). Avant la guerre, environ 125 grands navires de commerce passaient chaque jour.
Que change le refus américain pour le prix du pétrole ?
Moins que le titre ne le laissait croire. Le Brent n'a clôturé qu'environ 1 % plus haut, à 105,28 $, le 28 septembre, est retombé à 102,59 $ le 29 avec les exportations saoudiennes et a terminé le contrat de novembre à 103,53 $ le 30 ; le contrat de décembre cotait 96,93 $ le 1er octobre (Reuters via The Nation, Bloomberg via Rigzone, HeizOel24). Après la rupture du cessez-le-feu en juillet, le Brent avait gagné un peu plus de 25 $ entre le 1er et le 24 juillet (Wikipedia).
Pourquoi le gazole monte-t-il plus vite que le brut ?
Parce que les stocks sont vides : les distillats américains sont au plus bas de septembre depuis 1982 (EnergyNow), la Russie interdit ses exportations de diesel jusqu'à fin octobre (Hydrocarbon Processing), et le 26 septembre des drones ukrainiens ont mis à l'arrêt la raffinerie russe d'Ilski (Kyiv Independent).
Dois-je commander du fioul maintenant ?
Oui si ta cuve est sous le tiers. Au-dessus, tu peux attendre, mais plus une date précise : la réouverture en sept jours est rejetée pour l'instant depuis le 26 septembre. Le fioul suit le brut avec quelques jours de retard.
Pourquoi le prix du gaz bouge-t-il avec celui du pétrole ?
Parce que le GNL qatari passe aussi par Ormuz. Après la première offre du 22 septembre 2026, le TTF avait perdu 3,5 %, à 70,66 € le MWh, contre plus de 84 € une semaine plus tôt (finanzen.at).

Et pour ton foyer ?

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